La motricité libre

Ma première fille était un gros poupon tout rond, plein de recoins à bisous. Elle dormait beaucoup et était très calme. Elle a réussi à se retourner très tard et n’a jamais fait de 4 pattes, elle s’est mise à marcher à 13 mois directement sur ses 2 pieds. Ma maman m’avait raconté que moi et mon frère nous avions fait la même chose, ça ne m’inquiétait absolument pas. Jusqu’au jour où j’ai entendu dire que la marche à 4 pattes était une étape nécessaire et utile à l’enfant pour son développement moteur (équilibre, coordination des mains et des pieds), mais aussi son développement intellectuel et cela a piqué ma curiosité! Ma fille était elle anormale? Et moi alors? Pourquoi n’avait-elle jamais fait de 4 pattes? Est-ce pour cela qu’elle était si peu à l’aise pour courir, monter les escaliers? Est-ce que tout cela avait une lien? Et serait-ce la raison pour laquelle moi, alias Bambi, je manquais tellement d’équilibre et n’ai jamais réussi à connaître ma droite et ma gauche??

Je me suis donc intéressée à cela de plus près et j’en ai appris d’avantage grâce aux travaux d’Emmi Pikler, pédiatre hongroise, sur la motricité libre. Et j’ai découvert certaines idées, je dirais presque aujourd’hui certaines évidences, qui ne m’étaient jamais venues à l’esprit avant. Lorsque ma fille n’étais pas dans mes bras ou dans l’écharpe, elle était soit dans un transat, soit dans un parc ensevelie de coussins, jouets, mobiles etc… Et je pensais bien faire, lui apporter ce dont elle avait besoin pour s’éveiller, s’amuser…

Aujourd’hui je pense réellement que ça a été un frein dans son développement. Ma deuxième fille, pour laquelle j’ai testé la motricité libre, est une crevette toute menue qui bouge beaucoup. Elle n’ont pas le même tempérament et donc il est difficile de faire réellement une comparaison mais leur développement a été complètement différent! J’ai troqué le parc contre une peau d’agneau et le transat était réservé à quelques moments dans la journée. Je ne l’ai jamais assise calée entre 2 coussins avant qu’elle ne sache le faire d’elle même. Et j’ai vraiment pu observer jour après jour les étapes décrites dans le tableau d’Emmi Pikler. Je me souviens de ce jour incroyable où elle a réussi à sortir seule du salon pour la première fois à quatre pattes (et se diriger directement vers les croquettes du chat!). Cette nouvelle liberté était pour elle une joie immense!

Tous les enfants sont bien entendus différents et n’ont pas forcémement de problèmes d’équilibre ou autre parce qu’on les a assis très tôt ou qu’on les a fait marcher les bras en l’air pour leur apprendre à marcher, mais je pense réellement que pour ma fille cela aurait été bénéfique de lui laisser cette liberté!

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