Ce mois-ci les rendez-vous de l’enfance ont comme thème « La colère de nos enfants« .

De la même façon que pour les caprices, je n’aime pas trop l’expression « faire une colère ». En fait « Être en colère » me paraît plus juste.
Oui souvent nos enfants sont en colère. Ils peuvent avoir mille raisons pour cela et je me suis rendue compte à quel point on leur imposait de choses et comme ce devait être difficile pour eux de se plier à nos règles, nos exigences ou nos envies!
« Dépêche toi, on va être en retard » « Non pas cette robe, on est encore en hiver » « Pas de dessert avant le repas » « Viens te coiffer » « Mets ton écharpe » « Fais un bisous à Mamie »…. je pourrais en écrire des pages…
Alors que parfois, surtout quand un de leur besoin n’est pas satisfait (faim, fatigue, besoin de câlins…), nos pitipouss se révoltent et se font entendre ça me parait plutôt normal.

Et même si bien souvent ce qu’on leur demande c’est avant tout dans leur intérêt, je pense qu’il est vraiment important, quand on en a l’occasion, de les laisser prendre leur décision aussi.
Leur laisser faire des choix, écouter leur demande, trouver des compromis.

Et puis au final je crois qu’il faut aussi lâcher du lest.

Manger son dessert avant le repas, est-ce vraiment si grave? Nous avons des conventions et des habitudes mais pourquoi forcément les imposer systématiquement à la maison.

Chez nous micropouss (2 ans et demi) mange parfois son dessert avant le repas. Elle sait alors qu’elle n’en aura pas d’autre après (c’est le risque ^^) et , pour elle en tout cas, ça ne l’empêchera pas de finir son repas en entier.

Dans la même idée, minipouss (5 ans et demi) choisit ses vêtements toute seule. Je l’aiguille si son choix n’est pas en adéquation avec le temps qu’il fait mais si elle veut mettre une jupe verte à pois avec un pull rayé violet, pourquoi pas? Parfois je lui donne mon avis mais je ne lui impose rien et elle s’en sort très bien.

Alors ça ne les empêche pas de s’énerver parfois mais je pense que ça limite le nombre de fois (et c’est déjà pas mal hein ^^).

Accompagner la colère de son enfant

Quand une de mes pitipouss se met en colère, j’essaye tout d’abord de mettre des mots sur ce qu’elle ressent. En fonction de ce qui s’est passé avant, je cherche avec elle comment elle se sent.
« Tu te sens triste car tu avais envie que ton amie vienne à la maison mais que ce n’est pas possible » ou « Tu es en colère car ta sœur a gribouillé sur ton dessin » ou encore « Tu es déçue car tu voulais manger tes gâteaux préférés et qu’il n’y en a plus »
Bref, plutôt que de nier ce qu’elle ressent avec cette phrase habituelle « Mais enfin ce n’est pas grave!! », j’écoute ce qui ne va pas car je trouve cela vraiment important qu’elle puisse d’une part reconnaitre ses émotions et d’autre part qu’elle sache les exprimer.

Et parfois, juste pouvoir le dire à une oreille attentive et dans les bras rassurants de papa ou maman ça suffit pour que cette colère s’envole.
Parfois la colère est plus forte et l’enfant submergé par cette émotion que son cerveau n’est pas encore capable de maîtriser, ne sait pas quoi en faire. Et son corps tout entier se révolte, il tape du pied, se roule par terre ou hurle atteignant un taux de décibels que nos oreilles de parents fatigués ont bien du mal à supporter.
Parfois même ils nous repoussent, mais dès que l’on s’éloigne les cris redoublent. En fait c’est à ce moment là, je pense, qu’ils ont le plus besoin de nous.
Je l’avais déjà mentionné mais cette phrase lue quelque part m’aide bien souvent dans des cas comme ça : « Un enfant en crise est un enfant en détresse »
Alors dans ce cas, le prendre dans ses bras fermement, même s’il se défend, peut l’aider à faire retomber la pression. Et le câlin qui suit libérera l’ocytocine utile pour l’apaiser.
Si l’enfant ne supporte pas d’être touché, rester juste auprès de lui, c’est déjà quelque chose de rassurant et ça ne peut que l’aider à se sortir de cette situation difficile.

On peut également utiliser une roue des choix, qui permet à l’enfant de choisir comment il veut exprimer sa colère(taper sur un coussin, méditer, câlin…). Comme vu sur le site apprendreaeduquer.fr ICI. Dans tous les cas, je pense que le laisser exprimer cette colère d’une façon ou d’une autre, va lui permettre de se sentir apaisé, de passer à autre chose et de ne pas garder en lui ce qu’il ressent (et qui pourrait ressortir plus tard dans la journée sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi…)

Chez nous, nous essayons de ne pas donner de punitions, ni de récompenses. (Les récompenses sont à mon sens un type de punition car si nous ne faisons pas ce que l’on souhaite de nous, nous sommes punis de ne pas avoir cette fameuse récompense.)
Je dis bien essayons, car c’est un mécanisme qui nous suit depuis tellement longtemps, notamment à l’école avec les bons points et les images, ou à la maison avec « Mange ta soupe, sinon …!!! » qu’il est parfois difficile de réfréner nos habitudes.

Je n’ai jamais mis mes pitipouss au coin par exemple. Je ne pense pas que ça puisse être une bonne solution pour régler vraiment la situation dans le temps.
Que vous diriez-vous par exemple si après avoir fait une bourde à votre travail, on vous dise : « Va au coin réfléchir à ce que tu viens de faire!!!! »

Sincèrement? Vous diriez-vous : « Oh j’ai été déconcentré par autre chose, comment vais-je pouvoir me rattraper et corriger mon erreur » ou plutôt « Quelle humiliation… devant tout le monde en plus, je le déteste ce type… Je suis trop nul aussi…. » etc…
Moi sans aucun doute je ferais partie de cette deuxième tranche de personne qui ne comprend pas pourquoi elle doit subir ça… qui se sent en colère et frustrée.

Et si à la place de la punition, on propose à la personne de réparer son erreur?

Dans l’exemple que je donnais, si le patron vient me voir en me disant « Écoute Marion, il y a un problème ici, tu as dû faire une erreur, peux-tu réparer ça le plus rapidement possible? », sans aucun doute ma réaction sera différente, je me mettrai à la tâche immédiatement, quitte à faire des heures supplémentaires pour que mon erreur soit réparée au plus vite.

Avec mes pitipouss, je fais la même chose (enfin j’essaye, vous l’avez compris…)
Si je prend un exemple tout bête, Micropouss renverse son verre d’eau par terre. Plutôt que de râler en criant « Puisque c’est comme ça, tu n’auras plus d’eau! File au coin que je ne te vois plus » et d’en rajouter une couche quand celle-ci me ramène un torchon lilliputien piqué dans sa mini-cuisine : « Laisse moi faire, ça va être encore pire!!! »
je vais d’abord décrire la situation (« Tu as renversé ton verre d’eau »), éventuellement rappeler une règle ou une consigne (« Il est plus prudent de laisser son verre loin du bord pour éviter qu’il ne tombe »), et ensuite proposer à l’enfant de réparer son erreur (quand c’est possible! si le verre est cassé, on ne lui demande pas de ramasser les bouts de verre, on est d’accord, mais pourquoi pas d’aller chercher la balayette) en allant prendre une serpillère et essuyer l’eau sur le sol.

L’enfant n’est pas humilié, il comprend cependant que son acte n’est pas sans conséquence et qu’il peut faire quelque chose pour y remédier. Ce qu’il fait généralement sans rechigner car il est heureux de pouvoir réparer sa bêtise. (Bon OK pas toujours ^^, mais dans ce cas je reste ferme. Je lui propose de l’aider mais je ne fais pas à sa place)

Dans un cadre plus général j’essaye donc de remplacer une punition par une conséquence logique.

Cela peut parfois être difficile si votre enfant casse un objet qui vous est cher par exemple… et qu’il n’est pas en mesure de le réparer. Dans ce cas, lorsque je décris la situation, je lui explique bien que je suis triste car c’est quelque chose qui me tenait à cœur, je peux lui expliquer pourquoi, raconter son histoire etc… Votre pitipouss verra sans aucun doute que son acte a eu des conséquences sur vous et proposera sûrement, même si c’est impossible, une idée pour le recoller/scotcher/patafixer!

Un autre exemple :
Si l’une de mes pitipouss tape sa sœur, je suivrai globalement le même schéma
1. Décrire : Tu as taper ta soeur, elle a mal et/ou elle est triste
2. Rappeler la règle :  « On prend soin les uns des autres » ou « Taper est interdit » (on reste dans des règles positives comme vues dans l’article sur la formulation positive)
3. Proposer d’en parler ensemble (souvent dans ce cas, l’une et l’autre vont dire que c’est l’autre qui a commencé… « Oui mais toi tu m’as pris mon pèchecop' »… « Oui mais je l’ai vu avant »)
4. Proposer, si le calme est revenu, un bisou ou un « pardon »

Pour ce qui est des récompenses, je pense que la plus belle récompense pour un enfant est la fierté qu’il peut avoir lorsqu’il réussi par lui même quelque chose. Je préfère tellement que mes pitipouss puissent être fières d’elles même sans le besoin de le voir dans le regard des autres!

La parentalité positive regroupe de nombreux concepts pour éduquer notre enfant autrement. J’ai presque du mal avec le mot « éduquer » qui sous-entend un peu trop je trouve que l’enfant a besoin de nous pour apprendre, je dirais plutôt « accompagner ». Nous sommes plus là, à mon sens, pour lui montrer le chemin et le laisser découvrir que pour lui apprendre.

Un des concepts de l’éducation positive est la formulation positive.


En quoi ça consiste?

En fait sur le principe c’est tout simple, il suffit d’éviter les négations dans nos phrases. Ex : « Dans la maison, on parle » à la place de « Ne crie passssssss », ou encore « On reste assis sur sa chaise » au lieu de « Ne te mets pas debout sur ta chaise ». Vous voyez le principe?

Pourquoi faire cela?

Et bien c’est tout simple. Si je vous dis « Ne pense pas à un éléphant rose », vous avez pensé à quoi??? Et oui en premier on pense à un éléphant rose, ensuite 2 solutions, soit notre esprit arrive à changer la couleur, soit il reste bloquer sur l’éléphant rose!!!

Voyez la gymnastique cérébral qu’on fait faire à nos enfants!!!

Quand on lui demande de ne pas courir, ce qu’il entend en premier c’est « courir » et non « marcher »

Pour l’esprit, surtout d’un enfant, et encore plus d’un tout petit, il est beaucoup plus simple de comprendre une phrase courte et positive!

Des exemples

Je ne dis pas que ça marche à tous les coups mais j’ai vu parfois des réactions immédiates chez des enfants. Je pense à un pitipouss qui courait, sa maman lui dit « On marche dans la maison » et à la même seconde, pourtant en plein élan, il se met à marcher!

Avec ma minipouss, je me rappelle plusieurs fois où c’est moi qui l’ai finalement poussée à faire quelque chose que je ne voulais pas qu’elle fasse.

Elle se promenait avec un verre rempli de crayons, et je lui ai dit alors : « Attention, ne renverse pas les crayons » et dans la seconde d’après, elle les renversait. Sur le moment j’ai pensé qu’elle l’avait fait exprès pour m’embêter et ça m’a mis hors de moi, j’ai commencé à monter la voix et j’ai vu dans ses yeux qu’elle ne comprenait pas du tout ce qu’il se passait. (Soit dit en passant moi non plus….) Des situations semblables ont eu lieu plusieurs fois avant que je ne lise quelque chose à ce sujet et que je comprenne enfin ma méprise!

Aujourd’hui, dans un cas similaire, au mieux je ne lui dis rien et je lui fais confiance (et si jamais elle renverse ses crayons, rien de bien grave elle les ramasse ensuite), au pire je vais lui dire « Tiens bien ton verre droit » et c’est vraiment beaucoup plus efficace!!!

Par où commencer?

Ça parait assez simple comme ça mais en fait c’est vraiment VRAIMENT difficile en tant que parent de prendre ce réflexe de formulation positive tant nous ne sommes pas habitués à l’utiliser. C’est à nous de faire cette gymnastique pour faire changer cette habitude à notre cerveau. Le plus simple au départ est d’essayer de le faire sur temps court et pendant lequel nous sommes calmes et sans stress. Par exemple se dire : Pendant le repas à midi, je vais faire attention à ma formulation.

Une fois que vous êtes habitués, l’étendre à un moment plus long, le plus dur je pense étant de le faire quand notre patience a atteint ses limites depuis longtemps!

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e pense que tous les parents d’enfants en bas âge se retrouvent confrontés à ce problème un jour ou l’autre : Comment faire pour que nos pitipouss rangent leurs jouets une fois qu’ils en ont terminés avec eux?? Souvent, ils passent d’un jeu à l’autre en moins de 5 minutes, autant dire qu’au bout d’une heure on ne peut plus entrer dans leur chambre, voir le salon… (comme chez nous)

Pourtant dans une école Montessori on apprend à ranger un travail ou un jeu après l’avoir terminé. Et cela fonctionne très bien (en tout cas de ce que j’en vois aux ateliers auxquels j’assiste). Mais mes pitipouss comme les autres retournent le salon en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

On a établi certaines règles dans la maison (faut vraiment que je fasse un billet sur les ateliers d’éducation positive auxquels j’ai participé et qui donnent de supers pistes), l’une d’elle est justement qu’on range une activité une fois celle-ci terminée. Ça fonctionne, parfois, (surtout avec pitipouss qui a 5 ans) et globalement ça marche bien si je suis présente pour juste rappeler la règle ou pour dire « Tiens tu as oublié de ranger ceci »… Mais ça ne suffit pas toujours.

Dans ce cas là, quand il est vraiment temps de mettre un peu d’ordre, je sors ma baguette magique et j’opte pour l’une de mes 2 potions miracles :

– la première est de transformer le fait de ranger en un moment de jeu convivial (oui ça marche beaucoup mieux si on participe!!). Par exemple, il y a des crayons étalés par terre, le jeu sera alors de commencer par ranger tous les crayons bleus, puis les verts, puis les rouges etc… vous avez compris! Ça marche avec tout (on range ce qui roule, on range les affaires de bébé, on range ce qui est rond….) et presque tout le temps! Ma pitipouss propose parfois elle même le jeu quand je commence à lui parler de ranger.

– la 2ème, c’est la « tornade blanche ». Pour cette solution, il suffit de trouver une musique rythmée que toute la famille aime bien et de ranger, danser en rythme tous ensemble (oui là aussi c’est mieux si on joue le jeu avec eux) le plus vite possible (les pauses debout sur le canapé un biberon à la main en criant « Sara perche ti amooooooooooooooooooooo » sont largement autorisées voir recommandées ^^)

Et vous quelles sont vos solutions miracles??